Du réemploi à la sensibilisation, l’exemple de la ressourcerie Le Comptoir du Solilab

Les ressourceries ont pour particularité de répondre à trois enjeux :

  • un enjeu environnemental en favorisant la réduction des déchets
  • un enjeu économique ; en devenant acteur du développement économique local, une ressourcerie créé des emplois
  • un enjeu social en créant du lien social au sein d’un quartier par exemple

 

Le Comptoir du Solilab est une des ressourceries nantaises à promouvoir le réemploi auprès des particuliers, dans un but de création de lien social au sein du quartier.

Elle fait intervenir plusieurs acteurs. D’abord, l’association l’atelier du Retz Emploi qui pilote un ensemble de ressourceries, ensuite les bénévoles constituant le conseil d’administration de l’association, les salariés de l’association en charge du site et de la boutique (ils sont au nombre de 5 au Comptoir), et enfin les particuliers venus donner ou acheter des objets.

 

Une ressourcerie, comment ça marche ?

Le Comptoir est à la fois un site de collecte et de tri et un lieu de vente. Il est possible d’y déposer des objets (mobilier, vêtements, vaisselle, décoration…) à donner qui seront ensuite triés sur place et revendus si possible.

L’association assure également des permanences dans des déchetteries de la ville de Nantes pour compléter son stock d’objets.

 

Le petit plus ?

Des ventes spéciales, à thèmes, ainsi que des ateliers sont aussi organisés. Ces ateliers constituent une des activités de sensibilisation de l’association. Ils permettent de former des particuliers de tous les âges au réemploi, à la réparation et à la création d’objet. Par ailleurs, le Comptoir peut prêter ou louer des ameublements pour des événements.

Au Comptoir, la sensibilisation des particuliers et à la création de lien social est au cœur du processus ! Pour cela, il est important que la boutique soit chaleureuse et accueillante, et que des bénévoles ou salariés soient présents.

 

Comment est-ce financé ?

L’association est financée par les ventes effectuées dans ses différentes boutiques ainsi que par des subventions des collectivités, obtenues en récupérant des encombrants en déchetterie.

 

Alors, comment on met en place une ressourcerie ?

La mise en place d’une ressourcerie de quartier nécessite de définir les éléments suivants :

  • Le type de gouvernance : association avec/sans salariés, existence d’un coordinateur des bénévoles
  • La logistique envisagée : type de collecte, livraison, horaires d’ouvertures (mercredi et samedi pour la vente peuvent suffire), organisation de l’espace entre la partie tri et la partie vente.

 

Un support technique est également nécessaire au lancement de la structure.

© La fabrique à Neuf – https://lafabriqueaneuf.org/qu-est-ce-quune-ressourcerie/

Il faut former les personnes au métier de valoriste. Cela peut se faire au travers d’une formation proposée par Nantes Métropole, par l’accompagnement d’une autre association comme l’atelier du Retz emploi ou le recrutement d’une personne ayant déjà une expérience dans le domaine. Les salariés et/ou bénévoles doivent être formés sur les aspects suivants :

  • La tenue de la boutique et la vente (conseil, comment fixer les prix…)
  • La sensibilisation des clients
  • L’interaction avec les habitants du quartier pour assurer la bonne intégration de  la boutique

Au-delà de ces aspects techniques, la création d’une ressourcerie nécessite également de se poser la question “Comment sensibiliser au réemploi les personnes de tout âge habitant dans le quartier ?”.

 

 

Dans un contexte d’économie circulaire, les ressourceries apparaissent comme une composante de la ville de demain permettant aux déchets des uns de devenir les ressources des autres.

 

Sources :

L’atelier du Retz Emploi, www.atelierduretzemploi.org/

Entretien avec Bruno Maudet, responsable du site du Solilab, L’atelier du Retz Emploi, Nantes, le 4 janvier 2018