Le Village vertical, Villeurbanne

« L’idée d’initier, de financer et de concevoir un immeuble écologique pour le gérer de manière démocratique dans le cadre de la propriété publique est née il y a une dizaine d’années, quand nous attendions notre premier enfant. Plutôt que de se retrouver en concurrence sur le marché de l’immobilier, nous avons regroupé différents ménages dans nos réseaux. L’habitat écologique ne peut pas être réservé aux riches. » Antoine, Habitant du village vertical et à l’initiative du projet.

 

Le Village Vertical s’est concrétisé en juin 2013, avec l’emménagement de quatorze ménages d’horizons divers. Les villageois verticaux ont chacun un logement au sein de l’immeuble écologique qu’ils ont conçu. Espaces habitables et moyens ont été mutualisés pour créer de véritables solidarités de voisinage, dans un projet à taille humaine.

Photo © Éléonore Henry de Frahan – eleonore.henrydefrahan(arobase)gmail.com

 

QUELS ACTEURS ?

Quatre familles sont à l’initiative du Village vertical, puis dix autres ont rejoint l’aventure.

Afin de mettre en place leur projet, ils se sont associés à Habicoop, association créée en 2005 qui milite pour relancer l’habitat coopératif en France.

Ils ont ensuite collaboré avec Rhône Saône Habitat, une coopérative HLM. Suite à ce partenariat, trente-huit logements sociaux s’ajoutent au projet, ce qui permet d’une part une réduction des coûts mais d’autre part une obligation de compromis de la part des familles (toilettes sèches, VMC double flux…)

Ils ont eu le soutien de la ville de Villeurbanne et du Grand Lyon auprès desquels ils obtiennent un prêt collectif.

Les villageois prennent part activement à la conception, sous les conseils des cabinets d’architectes Arbor&Sens et Détry-Lévy. Des architectes sensibles aux enjeux climatiques.

La coopérative ENERCOOP gère l’électricité 100% renouvelable et locale.

 

QUELS USAGES ?

Aujourd’hui le Village vertical comprend neuf logements sociaux, et quatre logements très sociaux. La taille des logements a volontairement été réduite au profit d’espaces collectifs : terrasses, buanderie, salle commune avec cuisine, jardin potager… A chaque étage, sur les coursives, il y a des tables et des fauteuils pour pouvoir papoter entre voisins. Au rez-de-chaussée, une buanderie dispose de trois lave-linges communs, alimentés en eau de pluie. Une grande pièce collective offre la possibilité d’organiser des événements : réunions de la coopérative, repas et apéros entre voisins, anniversaire des enfants… Cette mutualisation de quelques éléments de la vie quotidienne permet de développer de véritables solidarités de voisinage mais également de vivre à moindre coût. La gestion des déchets, les économies d’eau et d’énergie sont plus faciles à mettre en place en groupe, à l’échelle d’un immeuble.

Toutes les décisions concernant la vie collective sont prises en commun, démocratiquement, au sein des assemblées et conseils de village, selon les principes coopératifs. Chacun des villageois est signataire de la charte du village vertical. Un planning a été mis en place au sein du village. Les habitants s’inscrivent pour pouvoir bénéficier des parties communes mais également pour assurer leur entretien : ménage, arrosage du jardin et du potager, etc. Chacun est appelé à assurer la maintenance, à tour de rôle.

 

© Habicoop

CONCEPTION

Toute la conception du bâtiment a été réfléchie pour consommer le moins possible. La façade principale du bâtiment est orientée plein sud, de façon à favoriser un ensoleillement maximum. La toiture est composée de panneaux photovoltaïques, et la structure du bâtiment faite de bois et de béton permettant une bonne isolation à la fois thermique et sonore. L’eau de pluie est récupérée dans une cuve de 7 000 litres. Concernant le chauffage, Rhône Saône Habitat a financé un chauffage à bois pour l’ensemble du projet (la coopérative et les logements sociaux).

 

GESTION, ECONOMIE & REGLEMENTATION

Le Village vertical est le premier exemple français de coopératives d’habitants. Tous les villageois sont collectivement l’unique propriétaire de l’immeuble. Chaque ménage loue son logement, dans le cadre d’une gestion démocratique interdisant toute spéculation et tout profit.

Si dès les débuts, ils ont la conviction que la coopérative d’habitants est le modèle le mieux approprié, ce statut juridique n’est alors plus reconnu par la loi. Il faudra attendre la loi ALUR en 2014 qui apporte une reconnaissance juridique à l’habitat coopératif, instituant les coopératives d’habitants et les sociétés d’autopromotion. (Cf article sur les coopératives d’habitants)

 

SOURCES

Un immeuble pour tous, Le Monde, Laetitia Van Eeckhout, 4 avril 2014.

Le Village vertical, les aventuriers de la coopérative retrouvée,Kaizen, novembre 2015.

Dans l’intimité du Village Vertical, Stéphane Perraud, LME n°64, août – septembre 2011.

Le Village Vertical, coopérative d’habitants, http://www.village-vertical.org/

Coopérative d’habitants, une utopie urbaine, Rue89Lyon, Laurent Burlet http://www.rue89lyon.fr/2011/11/22/cooperative-habitant-mode-emploi-utopie-urbaine/