Hammarby Sjöstad, Stockholm

 

Le quartier d’Hammarby Sjöstad est situé dans la banlieue Sud Est de Stockholm, en Suède. À l’origine, ce quartier est une ancienne zone portuaire. La ville de Stockholm souhaitait créer un nouveau quartier à la pointe de l’innovation environnementale pour les JO de 2004 à la suite du lancement d’un plan de reconversion urbaine. Désormais, l’ensemble des bâtiments répondent aux normes HQE (Haute Qualité Environnementale) et ont été construits par plus d’une vingtaine d’entrepreneurs différents pour éviter une trop grande homogénéité de style. Tous les matériaux, les consommables, ainsi que le système d’assainissement répondent aux normes environnementales les plus strictes. Le quartier se compose de 11 000 unités d’habitation qui rassemblent environ 25 000 habitants. L’objectif global est de construire un éco-quartier dont l’impact sur l’environnement serait de 50% inférieur à celui des aires d’habitation construites au début des années 90.


Acteurs :

– La ville de Stockholm
– Le comité environnement et santé de la ville de Stockholm
– Les départements des propriétés immobilières, de la voirie et de la mobilité urbaine
– Les associations de défense de l’environnement
– Les partenaires économiques et techniques : promoteurs, constructeurs et propriétaires fonciers
– Le conseil LIP (programme d’investissement local)
– Les instituts de recherche
– Le comité responsable de la planication urbaine et de la coordination des actions environnementales
– La compagnie des eaux de Stockholm
– Birka Energi
– La compagnie pétrolière Statoil : gestionnaire du système d’autopartage
– Le centre d’information environnementale : GlashusEtt.
– Les habitants : pour que les objectifs de l’éco-quartier soient tenus, il faut une implication forte des habitants. En effet, ces derniers sont les premiers utilisateurs des ressources. Ils doivent donc tous individuellement respecter les modes d’utilisations qui sont prescrits afin que ce soit bénéfique pour l’intérêt général. À Hammarby Sjöstad, des campagnes d’information ont été menées afin de former les habitants à la “citoyenneté responsable”. 

 

Usages :

Ce dernier a été pensé de manière à respecter l’éco-système et l’environnement, tout en tenant compte de la qualité de vie des habitants. Tout d’abord, les différents acteurs de ce projet ont pris la décision de ne construire que sur des terrains déjà bâtis afin de transformer la friche industrielle en un agréable quartier résidentiel. La hauteur des bâtiments a été limitée à 5 étages, afin d’optimiser la présence du soleil, avec la contrainte, pour chaque immeuble, de donner à la fois sur la rue et sur un espace vert. Des commerces (épiceries, coiffeurs, librairies,…), des équipements publics, des écoles, des maisons pour personnes âgées, des salles de sport et de concert, des bibliothèques,… ont été implantés au sein du quartier pour limiter au maximum l’usage de la voiture. Un réseau de transport avec un système de bus, de bateau-bus et de tramway a également été intégré au quartier, qui propose aussi, en libre-service, une cinquantaine de voitures alimentées au biogaz (le but étant, à long terme, de réduire au maximum le nombre de voitures). Les trottoirs sont d’ailleurs très larges et laissent finalement peu de place aux voitures. Concernant les espaces verts, les parcs qui existaient ont été conservés : un parc de 150 chênes a ainsi été parfaitement intégré au quartier.

 

Esthétique :

Les différents bâtiments et logements qui composent le nouveau quartier ont été pensés par une vingtaine d’entrepreneurs différents afin de pouvoir avoir une grande hétérogénéité dans l’esthétique générale du quartier.

Une architecture diverse: des appartements, des maisonnettes, des grands balcons et terrasses, des larges fenêtres, des toits plats et des façades colorées sont les caractéristiques du programme architectural de Hammarby.

 

Technologique :

Le modèle d’Hammarby

Le modèle “Éco-cycle” d’Hammarby, selon l’idée du métabolisme urbain, est un programme environnemental conçu dans l’intention de rendre autonome le quartier tout au long de son cycle de vie.

Le principe consiste, d’une façon générale, à diviser par deux les rejets et déchets grâce au recyclage et à la réutilisation des eaux usées et pluviales et des déchets, en favorisant l’usage de nouvelles technologies. Six objectifs environnementaux le fondent : les transports en commun, les matériaux de construction sains, l’utilisation des sols déjà construits, le plafonnement du bruit à 45 dB, la décontamination des sols et, enfin, l’optimisation des services d’énergie, d’eau et de déchets.

Trois partenaires sont à l’origine du développement de ce modèle : la compagnie des eaux Stockholm Vatten, le service des déchets de Stockholm et Birka Energi.

 

Traitement des déchets :

  • Les déchets sont triés par les habitants, lesquels les déposent dans différents conteneurs intégrés dans le paysage. Ils sont ensuite aspirés au point de dépôt par un système pneumatique d’évacuation souterraine et acheminés selon leur nature (organiques, recyclables, dangereuses et autres) vers le point de traitement adapté. Les ordures combustibles sont acheminées puis retournées à la communauté sous forme d’électricité et d’eau chaude.
  • D’un côté, il existe un système mobile de collecte des déchets (stockage des déchets dans des cuves vidées régulièrement par des camions-citernes sous vide)
  • De l’autre coté, il existe un système xe (station de collecte centrale) qui relie des poubelles à triple compartiment à un système de canalisation sous vide, où les déchets sont aspirés par de puissants courants d’air.

Réduction des besoins électriques/thermiques:

  • L’unité de cogénération de Högdalen utilise la combustion des déchets pour produire de l’électricité et alimenter le chauffage urbain à hauteur de 47% de ses besoins.
  • Le système de chauffage du quartier bénéficie également de la chaleur résultant du traitement des eaux qui préchauffe l’eau de retour à l’aide d’une pompe à chaleur. Ces procédés aident l’éco-quartier à atteindre son objectif de réduire l’impact environnemental de 50% en comparaison aux zones d’habitations bâties à Stockholm au début des années 1900
  • Après la chaleur produite par le traitement des eaux usées, on obtient une eau très froide qui peut atteindre le point de congélation. Ce froid est distribué par un réseau de refroidissement pour la climatisation des bâtiments, économisant sur le coût de l’installation et de l’entretien de la machinerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GlashusEtt:

Le bâtiment qui abrite le centre d’information intègre les techniques environnementales suivantes dans sa conception :
Façades vitrées, mais avec un double vitrage qui permet, par rapport à un bâtiment traditionnel vitré, de réduire la consommation énergétique de 50%. Ces façades réduisent le besoin en lumière artificielle, en chauffage, en ventilation et en climatisation.
Le bâtiment est également doté d’autres équipements astucieux : un système d’éclairage à basse consommation, un système avancé de contrôle de la luminosité et de la qualité de l’air – pour ajuster l’éclairage et la ventilation – et, enfin, une pompe à chaleur qui fournit une grande partie du chauffage.
Dans ce bâtiment, il y a l’utilisation d’une pile à combustible (PAC) qui produit de l’électricité à partir d’hydrogène, avec de la chaleur et de l’eau comme sous-produits. Cette PAC, qui fonctionne à une température d’environ 600°C, est ainsi utilisée comme système de cogénération.
Des panneaux solaires ont été installés sur le toit du Centre pour fournir l’énergie nécessaire pour synthétiser l’hydrogène par électrolyse.
Une chaudière alimentée au biogaz, provenant de l’usine du quartier, permet de répondre aux pics de consommation. Un four fonctionnant au biogaz est également installé dans la cuisine.

Gestion et Economie :

Les terrains à Hammarby sont propriété de l’État.
Stockholm dispose d’un budget annuel de 4,4 milliards d’Euros et possède son propre programme d’investissements, appelé LIP (Local Investment Programm for ecological sustainability). La ville a investi 693 millions d’Euros en subventions pour le programme environnemental. À elle seule, la dépollution des sols du quartier a coûté 100 millions d’Euros par km2.
Coût global du projet: 4,5 milliards d’ Euros

Réglementaire & normatif :

Un cadre juridique unique :
Le code de l’Environnement, entré en vigueur le 1er janvier 1999, s’impose désormais juridiquement à toutes les autres législations et rassemble les règles fondamentales de la protection de l’environnement.
Il propose d’intégrer un cadre commun d’interprétation et de définition d’exigences environnementales à tout document de planification, quel que soit le type d’opérations : des pratiques individuelles jusqu’à la réalisation de grands projets d’aménagement.
Il y a peu de barrières normatives, car il s’agit de faire de ce nouveau quartier une vitrine écologique. Stockholm ainsi que le gouvernement suédois impose une politique environnementale à travers les différents engagements du pays tels que les programmes environnementaux et l’agenda 21. Stockholm, elle, a développé le “Stockholm’s environnemental program”, ce dernier est régulièrement mis à jour.

 

Conclusion :

S’il faut retenir 3 éléments qui ont valeur d’exemple ce seraient les suivants :
Les transports sont au cœur des enjeux de développement durable du quartier. En effet, la quasi-suppression des voitures au profit des transports en commun peu polluants ainsi que l’instauration d’un réel système de pistes cyclables sont autant de moyens qui permettent de limiter l’impact écologique des habitants, mais aussi de réduire la pollution de l’air.
L’écologie urbaine est très bien pensée, notamment le système de traitement des déchets où encore celui de la combustion de la biomasse. Or, cela est plutôt envisageable dans un quartier à construire que dans un quartier déjà construit.
Il est indispensable de développer un réel et pertinent système de suivi des performances du quartier. Cela dans le but d’améliorer continuellement les dispositifs et d’établir des conclusions sur ce qui a et n’a pas fonctionné. De plus, le suivi de performance pourrait permettre d’établir à terme un modèle environnemental type exportable dans d’autres éco quartier.

 

Sources : 

  • http://www.lausanne.ch/lausanne-en-bref/lausanne-demain/projet-metamorphose/le-projet/qu-est-ce-qu-un-ecoquartier/extrasArea/00/links/02/linkBinary/projet-hammarby.pdf
  • http://www.dijon-ecolo.fr/doc-telechargeable/quartiers-durables.pdf

 

Alexandre Mahé