La co-construction d’un projet urbain

Amy Trémoureux 27/01/2018

La CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux), zone urbaine de 27 communes dont Bordeaux créée en 2007 un « franchissement urbain » au sud de Bordeaux. Le but étant la co-construction basée sur la concertation, pour connecter la commune de Floirac au sud de la ville. Mais comment ? Pont, tunnel, téléphérique ou navette fluviale, … Beaucoup de questions fusent : Quels utilisateurs seront concernés ? Quelles sont les fonctionnalités attendues ? Etc…

Ce projet se décompose en cinq grandes étapes : la définition des modalités de concertation, la création des instances chargées du bon déroulement de la concertation, la mise en place des outils d’information, de délibération et de production, l’information et enfin le cycle de réunion.

 

 

La première étape consiste à élaborer une charte de concertation de la part de la CUB pour créer un débat sur la définition des modalités de concertation. Cela s’est déroulé sur la période du 20 juin au 21 juillet 2008.

Cette charte comprend donc un calendrier portant sur 2 ans, un périmètre géographique de 4 communes. La CUB assure aux citoyens de leur apporter des informations complètes, de les écouter, d’échanger avec eux et enfin de justifier leurs décisions prises.

 

 

Pour la deuxième étape, la SCOP médiation et Environnement, prestataire extérieur, rejoint le projet pour la mise en œuvre de la concertation. Deux instances sont créées, les garants, suivront le processus, apporteront leurs conseils et leur arbitrage si besoin. La deuxième instance est le comité permanent de la concertation, qui regroupe des représentants du maitre d’ouvrage, des communes concernées, les garants, des représentants d’entités associées au projet et des représentants de 14 associations. Son but est de veiller au bon déroulement du projet

 

La troisième étape consiste à mettre en place divers outils de concertation qui sont prévus dans la charte, tels qu’un site internet, un forum internet, une communication dans les médias, des registres ouverts dans certaines mairies, et enfin des réunions et ateliers de travail thématiques.

 

La quatrième étape prépare un Livre blanc qui sert de support à la concertation, élaboré par la CUB. Une première partie a été publiée en 2009, donnant les principaux objectifs. La deuxième partie, publiée fin décembre, donne les solutions techniques. Plusieurs études ont été ainsi produites dans ce Livre blanc.

Le comité permanent a demandé à la CUB de faire une étude complémentaire sur l’effet des solutions envisagées, prenant en compte le développement durable. Tous ces documents ont été mis en ligne à la portée du public.

 

La cinquième étape a permis la mise en place de trois réunions publiques pour la concertation et la mobilisation des citoyens (environ 200 personnes pour chaque réunion). Un rapport d’étape est alors produit pour identifier les enjeux, et points de discordes.

Des ateliers de travail sont décidés. Trois thèmes y apparaissent : la mobilité et les transports, les impacts environnementaux du projet, le pont en tant qu’espace public.

La participation à ces ateliers sont libres avec environ 20 à 50 participants composés de représentants d’organisme, ou de citoyens. Mais ces derniers sont réduits par rapport à la phase précédente où ils étaient simplement spectateurs.

 

A la fin de ces étapes, le comité permanent de la concertation est associé à la rédaction du pré-programme, qui sert de base à l’avis de concours public, supporté par un atelier d’écriture. Deux membres de ce comité feront parti du jury de concours qui retiendra le meilleur projet.

Cependant plusieurs limites sont ressorties de ce projet : le temps important demandé aux associations et aux citoyens pour une bonne compréhension des termes du débat ; la participation insuffisante du « simple citoyen » dans des discussions parfois techniques, au profit des associations. Certaines associations dénoncent le manque de précision des accords obtenus concernant les aspects les plus conflictuels.