Quartier Vauban, Allemagne

Clémence Barrais

Le  quartier Vauban en Allemagne a pour objectif de reconstruire et de revaloriser un quartier qui était auparavant une base militaire désaffectée dans la ville de Fribourg, en s’appuyant sur le respect de normes environnementales et sociales. Débuté en 1993 ce projet s’est achevé en 2006. Entre maisons passives, absence de voitures, récupération de l’eau, et panneaux photovoltaïques, ce projet se veut être un quartier d’innovations environnementales. Imaginé comme un quartier de distances courtes, il illustre une expérience environnementale réussie par une mobilisation citoyenne forte.

  • Acteurs :

Ce lieu étant déserté par les pompiers, une question s’est vite imposée, que faire de cet endroit ?

Une mobilisation se met alors en place, et un collectif de jeunes activistes occupèrent ce lieu. Une organisation indépendante voit alors le jour : SUSI

Les autres principaux acteurs de ce projet de rénovation, sont à la fois la ville de Fribourg qui accepte ce projet, ainsi que des agences telles que l’agence Stuttart Kohlhoff et Kohlhoff. La rénovation de ce quartier s’est également basée sur la présence de l’association « Forum Vauban », dont le but était à la fois l’intégration et la coordination des habitants à ce processus d’aménagement. L’association coopère de manière très étroite avec des Baugruppen, correspondant des groupes de construction. Les bénéficiaires de ce projet sont les habitants du quartier qui impliquer dans ce projet, participe à la construction des futurs logements.

Le nombre d’acteurs y est très important comme en témoigne le schéma ci-dessous.

 

  • Usages :

Le développement de ce quartier a fait des habitants des acteurs à part entière. Comme évoqué plus haut, le projet est également porté par une association le Forum Vauban, qui se charge de la gestion au quotidien des habitants. L’innovation de ce projet, ne repose pas en tant que telle sur des innovations technologiques, mais avant tout sur une volonté de créer un quartier soucieux de l’environnement. Les habitants étant actifs, ils ont pu développer un lien, grâce à la mise en commun de moyens d’équipements La créativité, l’engagement des différents acteurs ont permis aux habitants de réaliser leur propre quartier, illustrant une démarche participative.

Le but a été également de promouvoir une mixité intergénérationnelle, avec la présence dans le quartier, d’étudiants mais aussi de personnes âgées.

 

  • Esthétique :

Le quartier s’inscrit dans une démarche d’urbanisme en développant des questions écologiques. Dès 1995, une envie profonde de restructurer ce quartier émerge. Le quartier se définit aujourd’hui par une végétation considérablement forte, une absence de voitures ainsi que des logements « propres ». Sa notoriété fait de ce quartier, un des premiers CarFree en Europe.

 

  • Technologique :

Le quartier repose sur une dynamique environnementale avec le développement des énergies renouvelables. Les maisons ne consomment que 15kWh/ m²/ personne grâce un système de chauffage autonome. On parle alors de maisons à énergie positive. Les maisons disposent sur leurs toits, de panneaux photovoltaïques mais également de panneaux solaires. Le système de chauffage dans le quartier détient un système de chauffage central à cogénération, alimenté soit par des granulés de bois, ou bien par du gaz. Un des derniers progrès, s’exprime par le fait que les maisons produisent plus d’énergies qu’elles ne consomment, grâce à des capteurs photovoltaïques. Autres moyens mis en place également est la récupération des eaux de pluies en vue de les utiliser pour des usages de la vie quotidienne et ménagère.

Les maisons disposent également de toitures végétalisées et à l’intérieures de celles-ci, de nombreuses techniques pour réduire la consommation d’énergie des habitants sont mises en place, avec des ampoules basses consommation, des économiseurs d’eau, des radiateurs avec de l’eau à basse température.

Autre « innovation » où plutôt changement de taille : l’absence de la voiture. En effet, 50% des habitants ne possèdent de voitures. Ainsi, un véritable questionnement se pose autour de la place de l’automobile, qui par son absence permet de transformer les voies réservées aux véhicules, à des espaces pour les habitants.

  • Gestion et Economie :

Le coût estimé pour le développement de ce quartier avoisine les 86,55 millions d’euros.

  • Réglementaire & normatif :

Les logements respectent la règle Passivhaus, garant de ce fait d’une qualité énergétique de la construction des logements dans le quartier de Vauban. Cette règle stipule, que les logements respectent des critères à la fois de confort d’habitation, de sécurité mais aussi des critères énergétiques. En 2004, le quartier a connu quelques difficultés, puisque l’Union Européenne a demandé un remboursement vis-à-vis de l’association Forum Vauban, la poussant à la faillite.

Conclusion :

Le quartier Vauban est un des premiers écoquartiers en Europe à s’être imposé dans une démarche de transition énergétique. Trois points clés sont à retenir. Premièrement, la constitution de groupes d’habitants désirant réaliser leur propre logement et l’association du quartier, ont permis de développer une participation collective forte au sein de ce quartier. Deuxième point fort, est l’enjeu énergétique avec un travail de réduction de consommation énergétique dans les logements, faisant de ces dernières, des maisons passives. La maitrise des dépenses de chauffage, d’eau et d’électricité en font des maisons ayant un faible impact écologique. Enfin, le quartier par la faible présence des voitures, illustre une volonté de changements, en vue de laisser place à d’autres moyens de transports davantage écologique. Le quartier Vauban illustre un écoquartier écologiquement, et énergiquement exemplaire.

Source :

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=2020

http://ecoquartier.midiblogs.com/archive/2009/04/25/quartier-vauban-en-resume.html

http://www.geographie.ens.fr/L-eco-quartier-Vauban-objectifs.html